🇬🇳 Guinée : La digitalisation du secteur minier, un tournant stratégique pour la gouvernance des ressources naturelles
La Guinée a lancé le 20 décembre 2025 la plateforme digitale de gestion du cadastre minier DAMANDA , marquant une nouvelle étape dans la modernisation de l’administration minière. L’outil vise à digitaliser les procédures liées aux titres et permis, améliorer la transparence et renforcer l’efficacité de la gouvernance du secteur.
En bref et selon la communication officielle, la plateforme DAMANDA c’est :
Digitalisation complète du dépôt, du traitement et du suivi des titres et permis miniers.
Cartographie cadastrale interactive, offrant une visibilité en temps réel des zones attribuées, disponibles ou en instruction.
Renforcement de la transparence et de la traçabilité, afin de sécuriser les décisions administratives et améliorer la confiance des acteurs du secteur.
L'initiative est portée par le Ministère des Mines et de la Géologie, sous l’impulsion du Comité Stratégique de Simandou , la plateforme DAMANDA est le résultat d’un travail de fond visant à assainir, sécuriser et digitaliser la gestion des titres et permis miniers. Le choix du nom DAMANDA, qui signifie « carrière de mines » en langue maninka, traduit une volonté d’ancrer cette réforme dans l’identité nationale du pays, s’inscrivant ainsi dans une dynamique plus large de valorisation des langues et du patrimoine guinéen à travers des outils publics modernes.
Une gouvernance minière plus moderne et plus lisible
Grâce à DAMANDA, les procédures liées aux titres et permis miniers sont désormais entièrement digitalisées. Le dépôt des demandes, leur traitement par les autorités compétentes et le suivi des décisions se font de manière sécurisée. La plateforme intègre également des cartes cadastrales interactives, permettant de visualiser clairement les zones attribuées, disponibles ou en cours d’instruction.
Cette digitalisation réduit les délais, limite les interventions humaines excessives et renforce la traçabilité des décisions. Elle constitue ainsi un outil important pour lutter contre les pratiques opaques, améliorer la confiance des investisseurs et renforcer la crédibilité de l’administration minière.
Plusieurs pays africains ont déjà engagé des réformes similaires. La Minerals Commission au Ghana, par exemple, a mis en place un cadastre minier digitalisé qui permet une meilleure transparence dans l’attribution des permis et une coordination plus efficace entre l’administration, les entreprises et les communautés. Cette réforme a contribué à améliorer la confiance des investisseurs, à réduire les conflits liés aux chevauchements de titres et à renforcer la capacité de l’État à suivre les activités minières. L’expérience ghanéenne montre que la digitalisation, lorsqu’elle est bien mise en œuvre, peut devenir un levier de bonne gouvernance et de mobilisation des recettes publiques.
Les avantages attendus de DAMANDA pour la Guinée
Pour la Guinée, DAMANDA offre plusieurs avantages majeurs. Selon la communication officielle La plateforme permettra une meilleure transparence dans la gestion du cadastre minier. une réduction des délais administratifs et des coûts de traitement avec une meilleure traçabilité des décisions publiques . Elle permettra également un climat plus rassurant pour les investisseurs, nationaux et internationaux ; et un meilleur accompagnement des grands projets structurants, notamment le projet intégré de Simandou.
La plateforme s’inscrit pleinement dans la vision nationale portée par le programme Simandou 2040, qui ambitionne de faire du secteur minier un moteur de transformation économique , de création d’emplois et de développement durable.
Toutefois, il demeure des défis à relever
La digitalisation ne constitue pas une solution automatique. Plusieurs défis devront être maîtrisés a savoir :
-L’appropriation effective de la plateforme par les agents de l’administration, opérateurs privés et la formation continue des utilisateurs : Une plateforme sans ressources humaines pour la piloter reste un effort vain. Pour y parvenir, des sessions de renforcement de capacités ponctuelles doivent se tenir pour maintenir les utilisateurs à jour sur les derniers développements.
-La fiabilité et la mise à jour régulière des données : Ceci permet de maintenir la fiabilité de la plateforme. Des exemples d’autres plateformes , nous montrent des données utiles, mais nécessitant une mise a jour ponctuelle.
-La cybersécurité et la protection des informations sensibles : Ce point est crucial car il s’agit d’une question d’éthique, de sécurité nationale pour la Guinée et internationale pour les investisseurs. La protection et la gestion des données doivent être inspirées des standards internationaux. Le domaine et le data center du pays devraient servir à cet effet.
-La coordination avec les autres institutions étatiques concernées : Le ministère de l’Environnement, celui de l’Administration du Territoire, de l’Economie et des Finances doivent être intégrés pour une gestion inclusive et collective de l’administration des ressources naturelles à travers DAMANDA. Ceci permettra l’emergence d’une vision collective en faveur de la Guinee et des investisseurs la faisant confiance
Si ces défis sont relevés, DAMANDA peut devenir un outil structurant pour l’avenir. Progressivement, la plateforme pourrait être interconnectée avec d’autres systèmes publics (environnement, fiscalité, suivi ESG), renforçant ainsi la cohérence de l’action publique. Elle pourrait aussi contribuer à une meilleure planification territoriale et à une gestion plus équilibrée des ressources naturelles. Mais il faudra rester avide de progrès et vigilant.