Mali 🇲🇱 : Barrick Gold reprend Loulo-Gounkoto après un accord stratégique.

Colonel Assimi Goita, Chef de l’Etat malien

  • Barrick Gold a repris le contrĂ´le du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto, mettant fin Ă  un diffĂ©rend avec les autoritĂ©s maliennes liĂ© au nouveau code minier et au partage des revenus.

  • Les opĂ©rations reprendront progressivement, avec un focus sur la sĂ©curitĂ© et la formation, sur un site produisant environ 723 000 onces d’or par an.

  • L’accord inclut un règlement d’environ 430 millions de dollars, la restitution de l’or saisi et la levĂ©e des mesures exceptionnelles, confirmant le renforcement du contrĂ´le Ă©tatique sur le secteur minier.

Selon Africa Business Insider , Le groupe minier canadien Barrick Gold a repris le contrôle opérationnel du complexe aurifère de Loulo-Gounkoto, mettant fin à un différend prolongé avec les autorités de transition maliennes. Cet épisode illustre les tensions croissantes entre États producteurs et compagnies minières autour du partage de la valeur et du contrôle des ressources naturelles.

Le conflit trouve son origine dans l’adoption d’un nouveau code minier par le Mali, qui a élargi la part de l’État dans les revenus miniers et renforcé les pouvoirs de régulation. Ces changements ont remis en question les équilibres contractuels existants et conduit à la suspension des opérations du site en début d’année 2025.

Une reprise progressive et encadrée

La relance des activités à Loulo-Gounkoto se fera de manière graduelle. La priorité est donnée à la sécurité des opérations, à la formation du personnel et à la stabilisation des processus techniques. Cette approche vise à limiter les risques opérationnels après une longue période d’arrêt et d’incertitude institutionnelle. Avec une production annuelle d’environ 723 000 onces d’or, le complexe constitue l’un des actifs miniers les plus stratégiques du Mali et une source essentielle de recettes d’exportation pour l’État.

 Un règlement financier aux implications politiques

 L’accord conclu repose sur un règlement financier d’environ 430 millions de dollars, destinĂ© Ă  solder les rĂ©clamations rĂ©ciproques et Ă  clore les contentieux juridiques internationaux. En parallèle, les autoritĂ©s ont restituĂ© l’or prĂ©cĂ©demment saisi, levĂ© les mesures administratives exceptionnelles imposĂ©es au site et mis fin aux poursuites engagĂ©es contre l’entreprise. Ce compromis reflète une volontĂ© mutuelle de normaliser les relations et de rĂ©tablir un cadre d’exploitation stable, tout en entĂ©rinant une montĂ©e en puissance de l’État dans la gouvernance du secteur minier.

 Un secteur clĂ© au cĹ“ur des Ă©quilibres Ă©conomiques

 L’or reprĂ©sente plus de 70 % des exportations du Mali, ce qui confère au secteur minier un rĂ´le central dans la stabilitĂ© macroĂ©conomique du pays. Le cas de Loulo-Gounkoto met en lumière la dĂ©pendance des finances publiques Ă  l’exploitation minière, mais aussi les marges de manĹ“uvre politiques dont disposent les États producteurs pour renĂ©gocier les conditions d’exploitation.

Un signal pour les investisseurs et l’industrie minière

 Au-delĂ  du cas malien, cet accord s’inscrit dans une dynamique plus large de renforcement du contrĂ´le Ă©tatique sur les ressources stratĂ©giques en Afrique. Les gouvernements cherchent Ă  capter une part plus importante de la rente minière, tandis que les entreprises tentent de sĂ©curiser leurs investissements dans des environnements rĂ©glementaires de plus en plus exigeants.

 Pour Barrick Gold, la rĂ©solution du diffĂ©rend rĂ©duit un risque politique majeur, mais confirme Ă©galement que l’exploitation minière en Afrique implique dĂ©sormais une nĂ©gociation permanente entre souverainetĂ© Ă©conomique et attractivitĂ© pour les investisseurs.


Nous y reviendrons…

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